Renaissance et modernité
DOI:
https://doi.org/10.6092/2421-4191/2019.5.33-53Abstract
Le terme de Renaissance recouvre aujourd’hui un mythe, celui d’un prétendu moment de perfection de la civilisation européenne, entre la barbarie attribuée au Moyen-âge et au reste du monde, et le déclin, attribué au XVIIe siècle de la Contre-réforme et du baroque. En réalité, il s’agit d’une construction idéologique élaborée par le discours savant au XIXe siècle, à partir d’un terme inventé par Vasari. Dans la perspective téléologique d’un progrès de l’humanité, la Renaissance a été conçue comme une étape décisive dans l’évolution qui conduisait à ce progrès. Elle était ainsi définie comme la préfiguration de la Modernité, c'est-àdire la modernité de ceux qui l’étudiaient. Or, stricto sensu, la Renaissance était un mouvement intellectuel, artistique et spirituel, dont la modernité était celle de son temps, une modernité paradoxale, fondée sur un retour au passé, sur une « re-naissance », celle de la beauté des Anciens et de la parole du Christ. Sa modernité n’a aucun rapport à la nôtre. Nous l’étudions, en historiens attentifs aux ruptures et aux différences.
The term “Renaissance” designates today the myth of the so-called moment of perfection of the European civilization between the barbarity attributed to the Middle Ages and the rest of the world, and the decline, attributed to Counter-reformist and baroque age of the seventeenth century.
This is actually an ideological reconstruction elaborated by scholars of the XIX century on the basis of a concept invented by Vasari. In the teleological, deterministical perspective of the progress of humankind, Renaissance was conceived as a foundational stage in this progress that prefigurated Modernity, that modernity of those who studied it. In fact, in reality, Renaissance, as defined stricto sensu, was an intellectual, artistic and spiritual movement with a modernity that reflected its own time, a paradoxical modernity based on the return to the past; a “rebirth” of beauty of the ancient people and of the word of Jesus Christ. That modernity does not hold any resemblance with our own. We study Renaissance today as historians who are interested in fractures and differences.
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